Recep Tayyip Erdogan l'avait martelé tout au long de la campagne des élections municipales, devenues un plébiscite, où, de son propre aveu, il jouait son destin politique : «C'est le peuple qui dit ce qui est, et sa décision doit être respectée.»
Le leader charismatique de l’AKP, le parti islamo-conservateur au pouvoir depuis novembre 2002, a joué la polarisation à outrance et a gagné son pari haut la main. Avec une moyenne de 45% des suffrages, l’AKP reste non seulement la première force politique du pays, mais améliore encore ses scores par rapport aux municipales de 2009 (38,5% des voix), même s’il n’engrange pas des résultats aussi fracassants qu’aux législatives de 2011, avec 49,5% des voix.
Pots-de-vin et nominations pilotées
Régnant sans partage sur ce parti qu'il a créé en 2001, celui que ses partisans comme ses adversaires surnomment désormais le «sultan» a remporté toutes les élections nationales, locales et deux référendums depuis cette date. Le nouvel homme fort de la Turquie n'a été que très marginalement ébranlé par la contestation du printemps dernier et les manifestations de millions de personnes, notamment à Istanbul, contre un projet d'urbanisme sur la place Taksim. Les enquêtes judiciaires sur des scandales financiers impliquant de hauts dirigeants de l'AKP, des fils de ministres et son propre aîné, Bilal, l'ont affaibli, mais il a réagi par des purges massives dans la police et la mise sous tutelle du pouvoir judiciaire, arguant de la lutte contre «l'Etat parallèle» instauré




