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Législatives : Viktor Orbán donne de la voix jusqu’en Serbie

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Grâce à une loi portée par le Premier ministre hongrois, rien de plus facile pour les descendants des sujets de l’empire que d’obtenir le droit de vote.

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán (ici le 15 mars), est donné favori pour les législatives de dimanche. (Photo Laszlo Balogh. Reuters)
ParFlorence La Bruyère
Envoyée spéciale à Subotica (Serbie)
Publié le 01/04/2014 à 18h06

C’est une ruche, une véritable usine. Au consulat hongrois de la ville de Subotica, dans le nord de la Serbie, ils sont une centaine à recevoir chaque jour la nationalité hongroise. Après avoir prêté serment, on chante l’hymne national et on déguste une coupe de mousseux, tandis qu’à l’accueil, une cinquantaine d’employés accueillent un flot ininterrompu de nouveaux candidats et traitent 800 appels téléphoniques par jour.

«C'est fantastique», observe Antal Zelenka, alerte retraité, en montrant son passeport «Hongrie-Union européenne». Citoyen serbe, mais hongrois de souche, Antal Zelenka et les siens ont toujours vécu dans cette province de Voïvodine, au nord de Belgrade. Autrefois austro-hongroise, la région fut attribuée à la Serbie lorsque le traité de Trianon priva l'empire des deux tiers de son territoire, en 1920. Et les Zelenka se retrouvèrent outre-frontières. Environ 2,5 millions de Hongrois vivent toujours dans les pays voisins : Serbie, Roumanie, Slovaquie, Ukraine… «Nous leur offrons un remède spirituel à la grande injustice que fut Trianon», affirme Tamás Korsós, consul de Hongrie.

Voisins. Flirtant avec un irrédentisme virtuel, le Fidesz, parti de droite ultranationaliste du Premier ministre Viktor Orbán, avait déjà proposé de leur donner la nationalité en 2005, lors d'un référendum infructueux. Puis le parti d'extrême droite Jobbik (Mouvement pour une meilleure Hongrie) avait mis ce point à son programme él

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