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Hongrie : à trois contre l’oligarchie

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L’un était membre du gouvernement Orbán, le deuxième, élu de son parti populiste, le troisième, inspecteur des impôts : ils ont vu le régime détourner des fonds ou terroriser les fonctionnaires. En campagne pour les législatives du 6 avril, ils tentent de secouer l’apathie nationale.

ParFlorence La Bruyère
Budapest correspondance
Publié le 02/04/2014 à 18h06

Ils sont les hérauts d’une morale perdue, les trois mousquetaires qui ont osé dire «non» à la corruption du régime de Viktor Orbán. L’un était membre de son gouvernement, l’autre fonctionnaire, le troisième conseiller municipal de son parti, le Fidesz (droite populiste et nationaliste). Tous trois ont découvert les abus d’un système dont ils étaient pourtant des rouages, les ont révélés, ont payé le prix de leur intégrité et ont décidé de continuer le combat. Sans craindre la solitude, ils sont bravement partis en campagne pour les législatives que le Fidesz a de fortes chances de gagner dimanche 6 avril.

130 hectares pour un affidé

Le premier, c'est József Angyán, ancien secrétaire d'Etat à l'Agriculture. Il sillonne la province pour soutenir l'Alliance des gens honnêtes et humains, un mouvement qu'il a fondé et qui présente une dizaine de candidats aux élections. Avec sa barbiche poivre et sel et son œil ingénu, cet universitaire renommé de 61 ans, ingénieur agronome, a un petit air de professeur Tournesol. Mais loin d'être dans la lune, l'homme jovial a les pieds sur terre, sa bonne terre hongroise dont la qualité se mesure encore en couronnes d'or, une unité du XIXe siècle. C'est pour elle qu'il accepte de devenir député du Fidesz en 2006, puis secrétaire d'Etat à l'Agriculture en 2010. Il propose à Viktor Orbán de donner des terres aux petits paysans, dont beaucoup vivotent sur une poignée d'arpents. Pour qu'ils puissent créer des exploitations familiales viables de 52 hectares, des terr

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