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Dans l’Est, le pouvoir ukrainien «marche sur des œufs»

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Face à une situation confuse où chacun, Russie comprise, pousse ses pions, Kiev privilégie la négociation avec les prorusses pour éviter toute bavure.

ParSébastien Gobert
Envoyé spécial à Donetsk
Publié le 09/04/2014 à 19h46

«Je veux éviter les violences et les effusions de sang. Je ne pense pas que donner l'assaut contre l'administration régionale, comme cela a été fait à Kharkiv, est une bonne idée.» Il y a peu, Serhiy Tarouta était un homme d'affaires originaire du port de Marioupol, dans le sud-est de l'Ukraine. Il est désormais gouverneur de l'oblast (région) de Donetsk et doit faire face à l'occupation du bâtiment de son administration régionale depuis le 6 avril. Il privilégie la négociation, mais sans résultat. «Il semble clair que beaucoup de membres de ces groupes ne pensent qu'à hisser le drapeau russe ou à des coups de force, et ne sont pas très ouverts au dialogue», admet Tarouta. Qu'importe, il s'en tiendra aux négociations.

«Nous allons nous battre, résister jusqu'au bout. Pour nos idées, pour notre futur, et contre le fascisme», résume, masque médical sur le visage, Ivan Karatych, en écho à l'assurance du gouverneur. Ses camarades pro-russes qui contrôlent le bâtiment de l'administration régionale, armés de battes de base-ball, de cocktails Molotov et de quelques armes à feu, ont barricadé l'entrée à grands renforts de barbelés et de piles de pneus prêts à être enflammés.

Autonomie. Tous les protestataires ne demandent pas le rattachement à la Russie, mais plutôt une autonomie vis-à-vis de Kiev, afin, disent-ils, de se protéger des «extrémistes du nouveau gouvernement» et des effets de la politique d

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