Chercheuse au Centre d’études et de recherches internationales (Ceri) à Sciences-Po Paris, Anne de Tinguy s’inquiète des conséquences de l’attitude de la Russie.
La situation s’accélère en Ukraine de l’Est : à quel jeu joue donc le président Vladimir Poutine ?
Il faut essayer de comprendre ce qui se passe. Est-ce que la Russie cherche à se positionner pour pouvoir imposer ses conditions lors de la réunion quadripartite (UE-Etats-Unis-Russie-Ukraine) prévue jeudi ou assistons-nous à une répétition de ce qui s’est passé en Crimée ? Il est difficile de répondre positivement à cette question, dans la mesure où les situations sont sensiblement différentes : le pourcentage de russophones est plus faible en Ukraine de l’Est qu’en Crimée et, si l’on en croit de récents sondages, les attitudes des populations à l’égard d’un éventuel rattachement à la Russie sont nettement moins favorables qu’en Crimée. Et, pourtant, ce que nous avons vu ce week-end dans plusieurs villes d’Ukraine de l’Est ressemble étrangement à ce qui s’est passé dans la péninsule : une série d’actions qui semblent coordonnées, menées par des hommes sans insigne, visant à prendre le contrôle de bâtiments officiels et à hisser le drapeau russe. Ce qui nous amène à nous poser d’autres questions : est-ce que ces troubles sont fomentés par Moscou ? Les dirigeants russes sont-ils prêts à aller jusqu’au recours à la force ? Je souhaite me tromper, mais au vu des événements du week-end et du discours tenu par Moscou, j’ai l’impression que les dirigeants russes sont prêts à aller jusqu’au bout, tant qu’ils n’ont pas obten




