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Libération
Récit

Libye : les ambassades en panique

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Attentats, rapts, vols… les représentations diplomatiques sont devenues des cibles privilégiées.

ParMathieu Galtier
Correspondant à Tripoli
Publié le 23/04/2014 à 19h06

En Libye, les diplomates se préoccupent davantage de la marque de leur 4×4 blindé que du fournisseur des petits fours. Le phénomène n'est pas nouveau. Il date très précisément du 11 septembre 2012, lorsque l'ambassadeur américain Christopher Stevens a trouvé la mort dans l'attaque de son consulat, à Benghazi. Cependant, le rythme s'est accéléré. Ces dix derniers jours, quatre incidents ont visé des représentations : une employée libyenne de l'ambassade des Etats-Unis a été enlevée avant de réussir à s'enfuir (14 avril) ; des ravisseurs ont capturé l'ambassadeur jordanien, Fawaz Aitan, après l'attaque de son convoi (15 avril) ; un conseiller de l'ambassadeur tunisien a été kidnappé (17 avril) ; et des assaillants ont tenté de pénétrer dans l'ambassade du Portugal avant de fuir après l'arrivée des forces de sécurité (17 avril également). Devant une telle recrudescence des attaques, le grand mufti de Libye, cheikh Sadek al-Ghariani, a condamné ces actes «détestables».

Les Britanniques viennent de passer au niveau 5 de sécurité, «celui d'alerte maximale constante, selon un observateur international. Encore un échelon, et c'est l'évacuation». L'ambassade du Royaume-Uni dément officiellement et assure que la seule échelle de sécurité est le bulletin de recommandations aux voyageurs.

«Quand un pays n'est plus capable d'assurer la protection des diplomates, c'est vraiment qu'il ne fonctionne pas bien», s'attriste un businessman local. Surtout que la Libye en

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