«Il faut qu'ils arrêtent cette opération maintenant ! Ils tuent nos gars ! La junte de Kiev ne passera pas !» Vendredi, ignorant la recommandation du pouvoir ukrainien, des douzaines de citoyens de Sloviansk se sont réunis à l'air libre, sur la place Lénine, afin d'exiger des autorités de Kiev qu'elles stoppent l'offensive en cours dans les faubourgs de la ville. «Nous formerons un bouclier humain pour protéger nos soldats s'il le faut !» peut-on voir clamer une femme d'une soixantaine d'années sur une vidéo diffusée par Slavgorod, la télévision locale. L'attroupement était loin d'une mobilisation de masse pour une ville de plus de 100 000 habitants. Mais cette femme et ses camarades, qui ne ressemblent pas à des terroristes armés jusqu'aux dents, sont le cauchemar des forces de sécurité ukrainiennes.
Vasyl Kroutov, le vice-directeur du Service de sécurité d'Ukraine (SBU), ne s'en cachait pas lors d'un briefing, le 25 avril : l'opération antiterroriste initiée dans les régions du sud-est de l'Ukraine «est la plus difficile dans laquelle le groupe Alpha de contre-terrorisme s'est embarqué». En poste depuis le 14 avril, Vasyl Kroutov a hérité d'une situation où les forces de l'ordre ont constamment cédé du terrain face à des groupes de protestataires antigouvernementaux, encadrés par des paramilitaires, eux-mêmes dirigés par des mercenaires originaires, pour beaucoup, de Russie.
«Saboté». Moscou semblait être penda




