La nuit a été longue pour les membres de la Commission électorale indépendante (IEC) sud-africaine. Au centre des résultats, situé dans la capitale Pretoria, les chiffres du décompte des voix arrivent depuis les milliers de bureaux de vote répartis à travers le pays. Dans les campagnes, certains ont passé la nuit dans le bourdonnement des générateurs, faute d’électricité.
Sans surprise, alors qu'un peu plus de la moitié des votes a été comptabilisée, le Congrès national africain (ANC) mène largement, et devrait se maintenir au-dessus de la barre des 60%. Le parti perdra certainement quelques points par rapport à son score de 2009 (65,9% des voix), mais les scandales de corruption, le chômage massif et la colère des Sud-Africains les plus pauvres, n'auront pas suffi à remettre en cause son hégémonie. C'est la cinquième élection consécutive remportée par le parti de Nelson Mandela, mort au mois de décembre à l'âge de 95 ans. «L'ANC a une histoire centenaire, l'organisation a fait ses preuves. Et tous ces gamins qui votent pour la première fois et qui hésitent, lorsque quelqu'un leur aura enseigné l'histoire, il y aura un déclic dans leur esprit. Alors, ils diront : "Je vais voter pour l'ANC". Parce que c'est l'ANC qui a amené la liberté dans ce pays !», dit Cyrus Modiseng, 70 ans, qui porte un t-shirt à l'effigie du héros de la lutte




