Un tailleur crème, tramé de noir, orange, rose et doré. Un brushing enfin réussi, qui la rajeunit. Et un discours parfait, où se croisent charme et rigueur, humour et compassion… Observée il y a quelques jours lors d'un dîner à Washington, Hillary Clinton apparaît, à 66 ans, au sommet de son art. Libérée de ses écrasantes fonctions de globe-trotter en chef de l'administration Obama, l'ancienne secrétaire d'Etat s'est reconstituée. Elle a réalisé son programme de «beaches and speeches» («plages et discours»), pris un peu de repos, achevé un livre de mémoires, qui va relater ses années au Département d'Etat, et surtout continué à sillonner le pays pour des discours très lucratifs - son tarif tourne autour de 200 000 dollars (145 000 euros) l'allocution, estiment les journalistes américains -, qui lui permettent de s'adresser un jour à des banquiers et le lendemain à des enseignantes, en se présentant chaque fois sous son meilleur jour.
Triangle. Ce soir-là, à Washington, Hillary Clinton s'adresse aux employées et bénévoles de HIPPY (Home Instruction for Parents of Preschool Youngsters), un étonnant réseau de formation des parents, le plus souvent noirs ou latinos, pour qu'ils préparent leurs jeunes enfants à l'entrée en primaire. «Vous êtes splendides !» commence-t-elle, énumérant les succès de HIPPY. Dans son discours, prononcé sans prompteur, en regardant à peine ses notes, elle fait défiler un grand-père, ému aux larmes




