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Libération
Récit

Camille Lepage, témoin au prix de sa vie

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La jeune photoreporter, courageuse mais prudente, se rendait là ou personne n’allait pour couvrir le conflit centrafricain.

Publié le 14/05/2014 à 19h56

L'émotion était grande, hier en France, au lendemain de la découverte du corps sans vie de Camille Lepage près de Bouar, dans l'ouest de la Centrafrique, par des militaires de l'opération Sangaris. L'Assemblée nationale a observé une minute de silence en hommage à la photographe indépendante de 26 ans. «Ce drame montre une nouvelle fois combien est dangereux le métier des journalistes qui, souvent, mettent leur vie en péril pour continuer à nous informer», a déclaré à la tribune le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone.

La dépouille de Camille Lepage, qui a été transférée hier sur le camp militaire de M'Poko, à Bangui, devrait être rapatriée très vite en France et être autopsiée. Le parquet de Paris a ouvert hier une enquête préliminaire pour «assassinat» - un terme employé dès mardi soir par le Président, François Hollande.

Mais, sur place, des sources citées par l’AFP évoquent l’hypothèse d’un échange de tirs entre des groupes armés, qui pullulent dans cette zone. Au moment de son décès, qui pourrait remonter à plusieurs jours, Camille Lepage accompagnait un groupe de combattants anti-balaka. Depuis plusieurs mois, ces miliciens ont lancé une guérilla sans merci contre les ex-rebelles de la Séléka et les paysans peuls, et plus largement contre tous les musulmans qu’ils veulent chasser définitivement du pays.

Prévôté. Le corps de la journaliste a été découvert à bord d'un pick-up transportant quatre autres

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