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La mue de Berlin

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Dans la capitale allemande, qui perd de son charme à mesure que les loyers grimpent, un référendum divise : le 25 mai, les Berlinois se prononceront pour ou contre la construction de logements autour de l’aéroport de Tempelhof, convoité par les spéculateurs.

Depuis 2010, les Berlinois se sont appropriés les 380 hectares de l'aéroport de Tempelhof, devenu un gigantesque espace vert en plein cœur de la ville. (Photo John Macdougall. AFP)
Publié le 16/05/2014 à 18h16

C'est l'un de ces espaces qu'on ne voit nulle part ailleurs. L'aéroport de Tempelhof, qui a permis aux habitants de Berlin-Ouest de ne pas mourir de faim lors du blocus par les Soviétiques, entre juin 1948 et mai 1949, a été fermé au trafic aérien en 2008 puis «rendu» aux Berlinois en mai 2010. Ils se sont vite approprié les 380 hectares de ce qui est devenu un espace vert en plein cœur de la ville menacé par la pression immobilière. Le 25 mai, ce sera l'heure de vérité : les Berlinois doivent se prononcer par référendum pour ou contre la construction de logements sur les pourtours du parc.

De l’herbe à perte de vue, quelques bouquets d’arbres, des kilomètres de tarmac transformés en pistes cyclables… Au nord-ouest de cette étendue, les bâtiments de l’aéroport édifiés par Hitler sont tout ce qui reste de la mégalomanie du Führer, qui avait confié à l’architecte Albert Speer le soin de transformer Berlin en une nouvelle ville qu’il aurait baptisée «Germania». Les bâtiments en pierre jaune orangée disposés en arc de cercle au bout des pistes sont utilisés à l’occasion pour des manifestations culturelles. Loin vers le sud, l’autoroute urba

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