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Décryptage

Un an après, Erdogan s’expose-t-il à un nouveau Taksim ?

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Publié le 16/05/2014 à 19h56

Aquinze jours de l’anniversaire du début de la grande protestation qui avait défié le Premier ministre islamo-conservateur, Recep Tayyip Erdogan, sur la place Taksim, au cœur d’Istanbul, les manifestations de rue ont repris, ravivées par la colère après la catastrophe de la mine de Soma (dans l’ouest du pays) qui a fait au moins 300 morts.

Pourquoi la révolte ?

Cet accident, le plus meurtrier de l'histoire récente du pays, révèle l'incurie des autorités qui, encore fin avril, avaient refusé une enquête parlementaire sur les conditions de sécurité dans les mines, ainsi que leur laxisme face à des groupes industriels seulement intéressés par la course au profit. «Les affaires de corruption révélées en décembre avaient ébranlé un Premier ministre déjà affaibli par la contestation du printemps mais, cette fois, le scandale investit le système de pouvoir de l'AKP qui gouverne depuis 2002», note l'universitaire Cengiz Aktar. A cela s'ajoutent l'arrogance d'Erdogan et ses insultes aux manifestants qui le contestaient à Soma, lançant à l'un d'eux : «Où vas-tu, espèce de sperme d'Israël ?» La vidéo a enflammé les réseaux sociaux, tout comme celle montrant un assistant du Premier ministre tabassant un manifestant à terre.

Erdogan est-il affaibli ?

Une partie de l’opinion turque, laïque, démocrate et pro-européenne conteste toujours plus ouvertement «le régime de l’AKP», se regroupant autour de la

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