«Bienvenue à Damaturu.»
L’enseigne, perchée sur deux grandes arches qui encadrent la route, accueille les visiteurs dans la capitale de l’Etat de Yobé. Elle est haute, verte, usée. Elle date d’un autre temps. D’une époque où l’Etat voisin du Borno, où mène la route, pouvait encore se vanter de son surnom
«le foyer de la paix»
. Aujourd’hui, Yobé et Borno sont en guerre, déclarés en état d’urgence. En proie aux violences du groupe
[ Boko Haram, cette secte islamiste qui sème la terreur dans le nord du Nigeria ]
.
Passer sous l’arche de Damaturu, c’est passer en territoire de Boko Haram. C’est entrer dans une région qui devient de plus en plus aride au fil des kilomètres, où la végétation se fait de plus en plus rare et le soleil de plus en plus accablant, jusqu’à en devenir insupportable.
Au fil des kilomètres, les villages traditionnels construits en glaise deviennent des huttes ramassées, faites de paille, abîmées par la chaleur. Les tracteurs, oubliés depuis la grande ville de Bauchi, ont fait place à des techniques d’agriculture ancestrales, aux bœufs qui aident à labourer la terre. Mais dans le Yobé et le Borno, les cultures sont presque inexistantes, à l’exception des quelques noix ou haricots. Les seules denrées qui survivent sur ce sol semi-désertique.
Dans ces Etats, qui pratiquent la charia, les petites filles, à peine tiennent-elles sur leurs deux jambes, doivent s'habiller de longs hijabs qui les recouvrent de la tête aux pieds. On les distingue, déambulant dans les champs jaunâtres, comme des taches de couleur vite dissipées. Les g




