En termes d'opinion publique, le constat est sans appel. Les politiques d'austérité - coupes budgétaires drastiques, réformes structurelles, baisse du coût du travail - imposées depuis 2009 par Bruxelles notamment aux quatre Etats membres placés sous assistance (Grèce, Portugal, Espagne et Chypre) sont massivement rejetées. 51% des Européens interrogés à l'automne lors d'un sondage Gallup les considèrent comme «inefficaces» et, sans surprise, le maximum des opinions négatives est en Grèce (80%). En Irlande pourtant, seuls 34% des sondés condamnent l'austérité. Ce pays, au bord du gouffre en 2010 a été le premier, dès décembre, à sortir du programme d'assistance financière piloté par Bruxelles et le FMI. Même s'il lui reste le fardeau d'une dette souveraine supérieure à 120% du PIB, l'ex-«tigre celtique» rugit à nouveau.
En Espagne, la droite de Mariano Rajoy se vante des résultats obtenus, affirmant que «tout le monde [les] salue comme l'exemple de la reprise», même si le taux de chômage dépasse toujours les 25% et que le déficit budgétaire est d'environ 7%. La Grèce ne voit pas encore le bout du tunnel, avec une dette à 176% du PIB et un taux de chômage de 57% chez les jeunes, mais le budget affichait l'an dernier un excédent primaire (hors remboursement de la dette confirmé par Eurostat). «Il y a une amélioration macroéconomique, mais la success story ne se voit pas dans l'économie réelle», constate l'économiste Angelos Tsakanikas.
Le bilan du régi




