Dans trois jours, les électeurs ukrainiens iront aux urnes pour désigner leur nouveau président. Mais cette élection est à plus d’un titre différente des précédentes. Depuis la fuite en Russie, en février dernier, de Viktor Ianoukovitch, élu président en 2010, le pays est en crise. Des régions entières échappent au contrôle de Kiev. La Crimée, au sud, a été annexée par la Russie et les régions de Lougansk et Donetsk sont partiellement aux mains de séparatistes armés encouragés, si ce n’est pilotés, par le voisin russe. Le ministère de l’Intérieur a par conséquent déployé 55 700 policiers et 20 000 volontaires pour garantir la sécurité des électeurs. Mais la commission centrale électorale a déjà estimé que 2 millions d’électeurs sur les 36 que compte le pays ne pourraient pas exercer leur droit de vote.
Zone rouge. L'élection n'aura pas lieu en Crimée, dont le rattachement à la Russie n'est pas reconnu par l'Ukraine ni par la communauté internationale. Grâce à une modification de la loi électorale, les habitants de la péninsule ont eu la possibilité de venir s'inscrire en personne sur les listes de bureaux de vote continentaux. «Pas plus de 5 000 électeurs ont fait ce choix. Il faut venir deux fois, d'abord pour s'inscrire, puis pour voter, passer à chaque fois le cordon de sécurité russe, c'est très compliqué», constate à Kiev Olexandre Tchernenko, le directeur d'une ONG de surveillance des élections, le Comité des électeurs d'Uk




