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«Timochenko n’écoute pas ce que le peuple lui dit»

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A Kiev, les habitants témoignent de leurs envies de vote avant l'élection présidentielle de dimanche.

Un portrait de la candidate Timochenko, à Kiev, le 23 mai 2014. (photo Sergei Supinsky, AFP)
ParHélène Despic-Popovic
envoyée spéciale à Kiev
Publié le 24/05/2014 à 12h04

A l'exception de l'est du pays, la participation au scrutin présidentiel ukrainien de dimanche promet d'être plus élevée que d'habitude. L'heure est grave. Depuis la fuite en Russie de l'ex-président Viktor Ianoukovitch, le pays est dirigé par un président par intérim et un gouvernement par intérim. La Crimée a été annexée par le voisin russe qui joue la déstabilisation des régions frontalières. Kiev veut pouvoir lui opposer un président fort de la légitimité des urnes. La campagne a été plutôt terne : peu d'affiches, peu de débats et même peu de meetings. Peu d'argent donc, et aussi peu d'argent sorti des caisses de l'Etat puisque aucun sortant (Premier ministre ou Président) n'est en lice. Une première donc. Nous avons demandé à des électeurs rencontrés dans le centre ville de la capitale s'ils avaient déjà fait leur choix.

«Porochenko est le moindre mal»

Vitaly Vozny, 30 ans, importateur de vin

«Je vais voter pour Petro Porochenko (le favori, ndlr). C’est un homme d’affaires qui a réussi. C’est sans doute le moindre mal. J’aurai pu voter pour Liachko, le candidat radical, mais il a trop peu d’intentions de vote. Timochenko, elle, avait dit après sa libération qu’elle ne serait pas candidate, et puis elle l’est quand même. On ne peut pas la croire. On dit de Porochenko qu’il est dur mais juste. J’espère qu’il saura détruire la corruption qui ronge le pays.C’est cela que nous avons voulu, nous qui étions à Maïdan. Il ne remplira peut-être pas toutes les revendications de Maïdan, mais j’espère qu’il en remplira bien 70%. Quant à la situation à l’est, cela dépendra avant tout du président russe Vladimir Poutine. Ianoukovitch s’est enfui avec l’argent de l’Etat et maintenant il finance le séparatisme. Il faut interdire son parti, le parti des régions, et aussi les communistes. Il nous faut de nouvelles législatives et une réforme économique qui nous rapprochera de l’Europe.»

«Je suis allergique à Timochenko»

Katia Soroka, 28 ans, experte en développement chez Ernst et Young

J’hésite encore entre deux candidats. J’aime bien le programme d’Oleg Liachko. Et de l’autre côté, je penche pour Porochenko car il est le seul candidat capable d’empêcher Timochenko d’arriver au pouvoir. Je suis allergique à cette femme, car je n’aime pas les gens qui sont incorrigibles et font tout le temps les mêmes erreurs. Timochenko n’écoute pas ce que le peuple lui dit. Porochenko lui est un bon manager mais je ne lui fais pas vraiment confiance. Mais au moins, il est reçu chaleureusement en Europ

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