Les Ukrainiens votent dimanche pour la présidentielle, dans un climat alourdi par des attaques meurtrières de rebelles prorusses contre l’armée régulière. Entretien avec la sociologue Irina Bekechkina, directrice de la Fondation caritative Ilko Kucheriv pour les Initiatives démocratiques, à l’occasion de la publication d’une enquête sur les choix des électeurs ukrainiens.
Quelle est la principale différence entre ce scrutin et les précédents?
Depuis 2004, il y avait toujours un candidat de l’ouest et un candidat de l’est. Cette fois-ci, il n’y a pas de candidat de l’Est. Ni du Donbass, d’où était originaire Viktor Ianoukovitch, ni du reste de l’Est. Dans cette région (l’Est à l’exception du Donbass), seul Petro Porochenko est susceptible de remporter 25% des voix. C’est un candidat de compromis qui peut convenir à une partie des gens de l’est. Après les conflits en Crimée et à l’Est, les gens ont besoin d’un candidat qui va réconcilier le pays. Petro Porochenko, c’est le parti de la paix, Ioulia Timochenko, celui de la guerre. La rhétorique de Timochenko est très guerrière. Or les gens ne veulent pas de cette rhétorique, même pas à l’ouest.
Vous avez étudié les attitudes des Ukrainiens face à l’élection. Quelque chose vous a-t-il étonné?
Oui, nous nous sommes rendu compte que, malgré le conflit armé, les électeurs ont considéré que les questions économiques étaient prioritaires pour faire leur choix. Porochenko est un homme d’affaires connu, il n’est pas devenu riche grâce aux caisses de l’Etat mais a créé son entreprise. C’est pourquoi les gens pensent qu’il pourrait redresser l’économie du pays.
Qui sont les électeurs de Porochenkjo et de Timochenko?
L’électorat de Porochenko est très diversifié. I




