Trois mois après avoir fait une révolution violente pour mettre fin à un régime oligarchique corrompu, l’Ukraine a confié son destin à un richissime homme d’affaires qui a déjà exercé des fonctions politiques dans tous les camps et dont la vertu première, réelle ou supposée, serait d’être capable de gérer l’Etat comme il a dirigé son entreprise. A 48 ans, Petro Porochenko, surnommé le roi du chocolat parce qu’il s’est enrichi dans la confiserie, n’est pas un nouveau visage sur la scène politique. Mais il n’y a jamais joué les premiers rôles. Député depuis 1998, il a été ministre des Affaires étrangères puis de l’Economie auprès de Viktor Ianoukovitch, l’ex-président prorusse chassé par la révolte de Maidan, ainsi que chef du conseil de défense et de sécurité auprès du président pro-occidental Viktor Iouchtchenko.
Son irrésistible ascension a été intelligemment mise en scène par la Chaîne 5, la télévision dont il est le propriétaire, et qui s’est rangée dès le mois de décembre du côté des révolutionnaires de Maidan. C’est à ce moment-là que Porochenko, proeuropéen convaincu, bascule contre le régime de Ianoukovitch, qui vient de dire non à l’Union européenne pour signer un accord de rapprochement avec la Russie. Prudent, il intervient peu. On le verra en décembre monter sur une grue pour exhorter, mégaphone à la main, les prorégime et les pro-Maidan à ne pas en venir aux mains. Très télévisuelle, la scène sera souvent reprise par la Chaîne 5 (Kanal 5). Tout comme celle où il s




