Depuis presque six semaines, les 223 lycéennes enlevées à Chibok, au Nigeria, demeurent entre les mains de Boko Haram et le pays s’insurge contre l’inefficacité de ses dirigeants, alors que le mouvement terroriste poursuit ses attaques dans le nord-est du pays. Hier, un camp militaire a ainsi été attaqué par Boko Haram dans la localité de Buni Yadi, faisant 24 morts.
La veille, le chef d’état-major de l’armée de l’air, Alex Badeh, avait cru bon de tenter de rassurer l’opinion en lançant : «Nous savons où elles sont.» Il ne mesurait sans doute pas le poids de sa déclaration. Car quelques heures plus tard, la nouvelle faisait déjà le tour du monde et les grands titres de la presse locale. Dans son allocution, le militaire prétend que l’armée connaîtrait la localisation exacte du (ou des) camp(s) dans lesquels seraient détenues les jeunes filles de Chibok.
Mais si cette déclaration rassure quelque peu les Nigérians, elle met les autorités dans l'embarras. La conférence de presse qui réunit chaque jour les porte-parole de la sécurité du pays a en effet été annulée hier. «Ils sont embêtés, confie un organisateur. Ils ne s'attendaient pas à ce que le général dise cela. Ils réfléchissent à une stratégie de communication.»
En haut lieu, la rumeur de la localisation des lycéennes courait depuis plusieurs jours. Il est quasiment certain qu’elles sont retenues quelque part dans la forêt de Sambisa, dans l’est du pays. Cette ancienne réserve de chass




