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Interview

«Une confiance ébranlée»

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Allemagne. Henrik Uterwedde politologue et directeur adjoint de l’Institut franco-allemand de Ludwigsburg :

ParNathalie Versieux
(à Berlin)
Publié le 27/05/2014 à 19h26

«Les Allemands sont habitués à ce que Marine Le Pen réalise un score important… Cette fois, ce qui les inquiète particulièrement, c’est cette impression que l’ensemble de la classe politique française ayant vocation à gouverner a reçu une claque. Ces partis n’ont pas tenu un discours clair et responsable sur l’Europe, que l’UMP comme le PS ont tendance à rendre responsable de tous les maux de la France. Comment voulez-vous que les gens ne votent pas pour l’original - Marine le Pen - lorsqu’ils sont gavés d’un tel discours ? A Berlin, on se demande maintenant comment Hollande va désormais pouvoir gouverner, mettre en œuvre les réformes structurelles qui, vu d’Allemagne, sont indispensables pour permettre à la France de se redresser.

«Lundi soir, François Hollande a de nouveau entonné la même rengaine, sur le ton de "je vais dire à Bruxelles que l’Europe ne peut pas continuer comme ça"… Berlin va forcément lui répondre qu’avant de présenter ses exigences, il doit mettre de l’ordre chez lui ! La confiance des Allemands envers les Français est fortement ébranlée. Ni Sarkozy ni Hollande n’ont jusqu’à présent respecté leurs engagements. Les pressions qui pèsent sur Hollande et Merkel sont contradictoires. Merkel subit celles de l’AfD (parti eurosceptique qui a réalisé 6,5% des voix) et de l’aile droite de la CDU, opposés à toute concession envers les pays endettés. Hollande, lui, est sous la pression de ceux qui demandent des politiques de relance pour lutter contre la crise. Résul

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