«C'est nouveau et déjà un succès.» Ce panneau de chantier résume bien l'esprit de Barra da Tijuca. Situé à une vingtaine de kilomètres à l'ouest du centre de Rio, ce quartier a connu un développement fulgurant ces trente dernières années. Entre les collines et la mer ont poussé de larges artères bordées de centres commerciaux, de bureaux de verre et de complexes d'habitation aussi hauts que clinquants, censés offrir à la nouvelle bourgeoisie un paradis de modernité, de confort et de sécurité. «Un rêve américain sans âme», rétorquent les mauvaises langues. Le nouveau Rio n'en finit pas de s'étendre au rythme des grues et des marteaux-piqueurs avec, en ligne de mire, les JO de 2016.
Les ouvriers s’affairent à ériger le futur village olympique, à proximité du lac de Jacarepaguá, sur les cendres du circuit de Formule 1. Mais à Barra, on voit déjà plus loin : après les Jeux, le terrain doit accueillir de nouveaux immeubles d’habitations. De grands projets qui feraient presque oublier que, coincés entre les pistes et le lac, vivent encore 150 familles : les irréductibles Cariocas de Vila Autodromo, déterminés à ne pas devenir les énièmes déplacés du progrès.
Chapelle. Cette favela, installée au début des années 80, est formée d'allées en terre, boueuses en ce lendemain de pluie, de maisonnettes en briques jamais finies ou déjà détruites, et de carcasses de voitures, dont des Coccinelle d'époque. On y trouve aussi une chapelle,




