Pour les diplomates américains, c'est ce qui s'appelle un «win-win» (un accord gagnant-gagnant) et même un win-win-win : en négociant la libération du sergent Bowe Bergdahl contre celle de cinq talibans détenus à Guantánamo, l'administration Obama a non seulement récupéré le dernier prisonnier de guerre américain, mais aussi réussi à négocier un premier accord avec les talibans et vidé Gitmo, le camp illégal qu'elle promet toujours de fermer, de cinq hôtes dont elle ne savait que faire. Côté talibans, la «grande joie» proclamée ce week-end a aussi trois raisons d'être, au moins : les fondamentalistes afghans ont pu négocier d'égal à égal avec la puissance américaine, ils ont récupéré cinq de leurs dirigeants et… ouvert de nouvelles perspectives de prises d'otages.
«Les Etats-Unis n'abandonnent jamais nos hommes et femmes en uniforme», a proclamé Barack Obama samedi, annonçant la libération du sergent Bergdahl dans une allocution solennelle. Pour Obama, accusé de ne plus faire grand-chose de sa présidence, cet échange a d'abord le mérite de montrer qu'il fait encore bouger les lignes et obtient des résultats. La libération de ce dernier prisonnier de guerre américain vient étayer sa réputation de «président-qui-met-fin-aux-guerres». Bowe Bergdahl, 28 ans aujourd'hui, avait été envoyé en Afghanistan sous ses ordres et Obama manifeste un souci tout personnel pour les soldats qu'il dépêche au front, visitant régulièrement les blessés dans les hôpitaux militaires




