Ces 3 et 4 juin marquent le 25
e
anniversaire de la répression du mouvement démocratique de Tiananmen, qui s’était soldée en 1989 par la mort d’un millier de personnes à Pékin. Aujourd’hui, le sujet reste plus que jamais tabou en Chine, ainsi que l’explique la journaliste et traductrice Marie Holzman, qui préside de l’association Solidarité Chine, créée en 1989 à la suite du massacre de Tiananmen.
Vingt-cinq ans après, le tabou est-il encore total en Chine ?
Evoquer le sujet reste strictement impossible, et cela va de mal en pis. Cette année la répression se montre particulièrement féroce. La police a mené au moins une cinquantaine d'arrestations, y compris parmi des personnalités très connue, comme Gao Yu, une célèbre journaliste d'investigation, qui avait été incarcérée en 1989 pour avoir participé à Tiananmen, puis détenue durant six ans à partir de 1993. Elle a été arrêtée le 26 avril alors qu'elle se rendait à un débat sur les événements de Tiananmen organisé clandestinement dans un appartement de Pékin par 13 dissidents. Son chef d'inculpation, «tentative de subversion de l'Etat», l'expose à plusieurs années de prison. Bien d'autres militants ont été arrêtés ces dernières semaines, comme l'historien Xu Youyu ou la blogueuse Liu Ping. Ils ont même réussi à calmer Ai Weiwei.
Je me souviens qu'en 1999, pour les 10 ans de Tiananmen, l'écrivain Liao Yiwu avait été interviewé au téléphone par Radio Free




