La démocratie brésilienne est vivante et turbulente. A la différence des jeux de Pékin ou de Sotchi, démonstration de force des dictateurs locaux, opposants et manifestants occupent les rues du Mondial. Cette agitation est le signe d'un pays jeune et en pleine croissance. Ces grèves sont bien sûr opportunistes. Qui peut reprocher à ces ouvriers du métro, à ces sans-toit, de profiter de l'énorme loupe du Mondial pour protester et établir un rapport de force longtemps en leur défaveur ? Ces mouvements, à quelques jours de la «grande fête» mondialisée du football, rappellent que «le Brésil a profité de la mondialisation heureuse» pour reprendre l'expression dans nos pages du professeur Alfredo Valladão. Lula a permis à des millions de ses concitoyens de sortir de la pauvreté. Mais, ajoutait le chercheur brésilien, «cette transformation est responsable d'une anomie sociale». Les inégalités perdurent, tout comme une extrême violence. Le Brésil est peut-être le royaume du foot, mais les Brésiliens ont raison de demander des comptes au gouvernement sur le financement public de ce divertissement et le parfum de corruption qui l'entoure. Le mouvement social initié par Lula a nourri les frustrations et les angoisses de ceux tout juste sortis de la pauvreté. Dépourvue du génie et du charisme de l'ouvrier devenu homme d'Etat, la présidente, Dilma Rousseff, joue sa réélection sur le succès du Mondial et de la Seleção. Un pari un peu court. Panem et circenses. L
EDITORIAL
Circenses
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Publié le 09/06/2014 à 20h06
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