Comme chaque fois qu’on le dit en perte de vitesse, si ce n’est mort, le Tea Party a créé la surprise, et même une énorme surprise : un quasi inconnu, obscur professeur d’économie dans une petite université de Virginie, a si bien ravivé la flamme ultra-conservatrice et anti-immigrés caractéristique du Tea Party qu’il a battu mardi le leader républicain à la Chambre des représentants, Eric Cantor. Une première dans l’histoire américaine, où jamais le leader d’une fraction à la Chambre n’avait encore été défait lors de primaires. David Brat l’a même emporté avec 55% des suffrages, contre 44% pour Eric Cantor qui représentait la Virginie au Congrès depuis 2001.
Insurrection. Un «séisme», une «apocalypse», un drame «shakespearien», renchérissaient mercredi les éditorialistes américains, qui voient le Parti républicain à nouveau déboussolé et même cannibalisé par ce mouvement qu'il a lui-même nourri. Eric Cantor était numéro 2 de la Chambre et donné comme probable prochain successeur du numéro 1, John Boehner. Il avait dépensé plus de 5 millions de dollars (3,7 millions d'euros) dans cette campagne, contre 123 000 dollars pour David Brat, qui triomphait mardi soir devant ses supporteurs : «Ce ne sont pas les dollars qui votent, c'est vous !»
Cette nouvelle insurrection de la base républicaine va rendre impossible la réforme - même minimale - de l'immigration que Barack Obama voudrait bien faire aboutir avant




