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Aux Etats-Unis, le grand retour du Tea Party

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Primaires. Le républicain Eric Cantor a été battu par un inconnu ultraconservateur et anti-immigrés.

Eric Cantor, ici en février 2013, était pressenti par les Républicains pour devenir le prochain président de la Chambre des représentants. Un espoir balayé par le Tea Party. (Photo Mandel Ngan. AFP)
ParLorraine Millot
Washington, de notre correspondante
Publié le 11/06/2014 à 20h06

Comme chaque fois qu’on le dit en perte de vitesse, si ce n’est mort, le Tea Party a créé la surprise, et même une énorme surprise : un quasi inconnu, obscur professeur d’économie dans une petite université de Virginie, a si bien ravivé la flamme ultra-conservatrice et anti-immigrés caractéristique du Tea Party qu’il a battu mardi le leader républicain à la Chambre des représentants, Eric Cantor. Une première dans l’histoire américaine, où jamais le leader d’une fraction à la Chambre n’avait encore été défait lors de primaires. David Brat l’a même emporté avec 55% des suffrages, contre 44% pour Eric Cantor qui représentait la Virginie au Congrès depuis 2001.

Insurrection. Un «séisme», une «apocalypse», un drame «shakespearien», renchérissaient mercredi les éditorialistes américains, qui voient le Parti républicain à nouveau déboussolé et même cannibalisé par ce mouvement qu'il a lui-même nourri. Eric Cantor était numéro 2 de la Chambre et donné comme probable prochain successeur du numéro 1, John Boehner. Il avait dépensé plus de 5 millions de dollars (3,7 millions d'euros) dans cette campagne, contre 123 000 dollars pour David Brat, qui triomphait mardi soir devant ses supporteurs : «Ce ne sont pas les dollars qui votent, c'est vous !»

Cette nouvelle insurrection de la base républicaine va rendre impossible la réforme - même minimale - de l'immigration que Barack Obama voudrait bien faire aboutir avant

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