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Ingrid Betancourt. Dieu est son choix

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L’ex-otage colombienne, romancière débutante et doctorante en théologie, puise dans la spiritualité jouvence et équilibre.

Ingrid Betancourt à Paris, le 20 juin. (Photo Patrick Messina)
Publié le 23/06/2014 à 18h06

Deux fois six ans. Six années d'obscurité moite, six autres de lent retour au monde. La seconde période étant, dit-elle, la «prolongation» de la première. A 53 ans dont six de captivité amazonienne, Ingrid Betancourt a repris pied à la surface, et même un tout petit peu au-dessus, lévitant en léger surplomb des contingences du bas monde par la paix intérieure qui semble l'habiter. Un autre rapport aux autres, au temps. Une forme de sagesse ?

On connaît les images. La véhémente candidate verte à la présidentielle colombienne. Les joues creuses et le teint jaune dans la forêt amazonienne. Le visage plein et radieux, trop radieux, à la descente d'avion. Aujourd'hui, chercher sur ses traits les stigmates se révèle peine perdue. Frêle, lumineuse dans sa robe blanche, elle paraît plus jeune que son âge et sourit qu'on s'en étonne. «Le physique a récupéré plus vite que le reste.» Concentrée, elle prend le temps de chercher le mot juste, ferme longuement les yeux pour mieux trouver la réponse en elle, reprend d'un «en fait, ce que je voudrais dire». Elle a le ton grave et des rires de jeune fille. Tout ça fait qu'on se demande si la jungle n'abriterait pas quelque surnaturelle potion de jouvence, ce qui n'est pas la moindre des énigmes de cette fascinante-agaçante, une dure-douce qui a toujours appelé plus de questions que livré de réponses. Peut-être parce qu'elle s'en pose beaucoup elle-même, des questions. Elle est dans une introspection permanente.

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