Alors qu’en Europe centrale on traque les tout derniers vieillards nazis ayant échappé à la justice, le sort réservé à un descendant des victimes de la Shoah en Autriche est assez rare pour être souligné.
Début juin, Stephan Templ a été condamné, en appel, à un an de prison ferme et à deux ans avec sursis : il a été reconnu coupable d’avoir lésé l’Etat et de s’être indûment enrichi de 550 000 euros, en omettant de déclarer l’existence de sa tante lors de la restitution, en 2005, d’une ancienne clinique gynécologique, située dans l’un des quartiers bourgeois de la capitale.
La mauvaise foi et la grave faute morale de ce journaliste indépendant juif de 53 ans ne font pas de doute à la lecture du verdict : il a menti à plusieurs reprises en affirmant que sa mère était fille unique et a donc profité de la Shoah pour voler une seconde fois, à son profit, une survivante de sa propre famille. Son identité, en revanche, ne peut qu'étonner les Autrichiens, car Stephan Templ n'est pas un inconnu. Il s'est fait beaucoup d'ennemis en cosignant, en 2001, un livre remarqué, avec sa compagne, l'historienne toujours respectée Tina Walzer (Unser Wien, non traduit), dans lequel ils listaient méticuleusement les attractions touristiques - de la grande roue du Prater au célèbre Hôtel Imperial - spoliées par les nazis à Vienne et jamais restituées.
A l’époque, son travail avait eu un retentissement international humiliant pour l’Autriche. Il avait permis à de nombreuses familles d’accélére




