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L’hôtel Bauen, coopérative anti-crise, entre en résistance

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Publié le 29/06/2014 à 19h26

«Occuper, résister, produire !» Le slogan de l'hôtel Bauen de Buenos Aires, symbole des entreprises argentines récupérées et autogérées par leurs travailleurs après la crise économique et sociale de 2001, est plus que jamais d'actualité. Après sept ans de bataille judiciaire, un tribunal a tranché la semaine dernière en faveur des propriétaires et réclame l'expulsion des 130 travailleurs de la coopérative, qui devrait intervenir avant la fin de l'hiver austral. Mais ils résistent et réclament une loi d'expropriation afin de continuer à exploiter l'hôtel qu'ils ont remis sur pied.

Construit en 1978, pendant la dictature militaire (1976-1983) pour accueillir les touristes venus assister au Mondial de foot, l'hôtel de luxe, situé en plein centre de la capitale, avait mis la clé sous la porte en décembre 2001, laissant une centaine d'employés sur le carreau. La fermeture avait été d'autant plus mal vécue que les propriétaires avaient ouvert dans la foulée, à quelques mètres, un autre établissement, plus moderne. C'est plus par nécessité que par idéologie que 30 ex-salariés décidèrent, quinze mois après la fermeture, d'occuper les lieux et de continuer à faire tourner l'hôtel sous forme de coopérative. «En tant qu'entreprise récupérée, sans capital, nous n'avions pas la possibilité d'obtenir des crédits», se souvient Marcelo Ruarte, 63 ans dont vingt-huit passées derrière le comptoir de la réception du Bauen, et président de la première coopérative. «On a com

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