Lorsque Cristina Kirchner a demandé à Amado Boudou de la rejoindre sur le ticket présidentiel pour son deuxième mandat, en 2011, la plupart de ses proches ont fait la grimace. Ses cheveux longs, un goût prononcé pour la guitare électrique, les Harley-Davidson et une réputation de play-boy en faisaient un candidat très spécial. D'autant que son piètre bilan comme ministre de l'Economie et le témoignage de ses collaborateurs le décrivant comme «pas franchement dur à la tâche» inquiétaient les ténors du parti au pouvoir.
Imprimerie. Il semble qu'ils aient sous-estimé la capacité de nuisance à la présidence d'Amado Boudou, mis en examen ce week-end pour une affaire de corruption qui embarrasse la chef de l'Etat au plus haut point. C'est la première fois que ce cas de figure se présente en trente ans de démocratie en Argentine. Alors qu'il exerçait ses fonctions de ministre de l'Economie, Amado Boudou aurait acquis, en la sauvant de la faillite, l'imprimerie Ciccone Calcografica. Il aurait par la suite profité de son influence pour lui obtenir des avantages fiscaux ainsi que des contrats avec l'Etat, notamment pour l'impression de billets de banque et de bulletins de vote.
Pour l’heure, le vice-président refuse de démissionner et crie au complot médiatique. Mais l’affaire embarrasse Cristina Kirchner, occupée sur d’autres fronts. Elle ne l’a pas encore publiquement désavoué mais l’a dernièrement éloigné de Buenos Aires. Depuis le début




