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Comment Erdogan se voit en président de fer

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En annonçant sa candidature à la première élection au suffrage universel du président turc, le leader islamo-conservateur ne fait pas mystère de ses ambitions de renforcer les prérogatives du poste.

Le premier ministre Erdogan (au premier rang, à droite de sa femme en bleu) mardi, lors du meeting de son parti le désignant candidat à la présidentielle. (Photo Umit Bektas. Reuters)
Publié le 01/07/2014 à 18h03

C'est la fin d'un faux suspense. Depuis au moins deux ou trois ans, le Premier ministre islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan pensait se présenter à l'élection présidentielle qui pour la première fois sera au suffrage universel. Il aura néanmoins attendu jusqu'au 1er juillet pour annoncer officiellement qu'il entrait en lice, proclamé candidat par son parti au pouvoir depuis novembre 2002. «Etre élu directement par le peuple donne à la fonction une légitimité démocratique», a martelé le leader charismatique de l'Akp (parti de la justice et du développement) sous les ovations de quatre mille de ses partisans. Jusqu'au bout il a attendu pour bien scruter les rapports de force et l'état d'esprit de l'opinion publique.

Ebranlé par la contestation de rue du printemps 2013, quand plus de trois millions de Turcs ont protesté à Istanbul comme dans toutes les grandes villes du pays contre son «autoritarisme», Recep Tayyip Erdogan a réussi à rétablir sa position bien qu’éclaboussé par des affaires de corruption. Son ancienne alliée, la puissante confrérie islamiste de Fetullah Gülen, imam septuagénaire réfugié aux Etats-Unis devenu son plus implacable adversaire, avait mis en ligne en décembre des écoutes téléphoniques accablantes montrant comment le Premier ministre et son fils Bilal prenaient leur dîme sur les adjudications de gros marchés publics. Malgré le scandale, Recep Tayyip Erdogan avait remporté haut la main les élections municipales de mars, y compris à Ista

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