L’annonce officielle, mardi, de la candidature à la présidentielle du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a mis fin à un faux suspense. Le leader charismatique de l’AKP, le parti islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002, est le grand favori du scrutin du 10 août.
Pourquoi entre-t-il en lice ?
Premier ministre depuis onze ans avec de réels pouvoirs, ce très populaire et très autoritaire politicien, surnommé «le nouveau sultan», est devenu le leader symbole d'une Turquie où le PIB par habitant a triplé, et qui s'affirme comme une puissance régionale. Ebranlé par la grande contestation de rue de juin 2013, il veut maintenant devenir pour cinq ans, voire dix, le premier président élu au suffrage universel. «Etre choisi directement par le peuple donne une légitimité démocratique», a-t-il expliqué. Les fonctions du chef de l'Etat sont surtout honorifiques, mais il ne cache pas sa volonté de faire, à terme, de la Turquie une république présidentielle à la française, et il annonce déjà la couleur : «Le poste de président n'est pas pour se reposer.» Ce qui inquiète l'universitaire Ahmet Insel : «Il va utiliser jusqu'à leur extrême limite tous ses pouvoirs constitutionnels, et conduire à une sérieuse crise de régime et à encore plus de turbulences.»
Quelle est la stratégie de l’opposition ?
Le Parti républicain du peuple (CHP), social-démocrate et première force d'opposition,




