Déjà saluée huit fois ces dix dernières années comme «la femme la plus puissante du monde» par le magazine américain Forbes, la chancelière allemande Angela Merkel incarne aujourd'hui l'Europe aux yeux de Washington, Pékin ou Moscou et commence à assumer les responsabilités découlant du poids économique de son pays. «L'Allemagne est trop grande pour commenter la politique mondiale sans y participer», rappelle volontiers le social-démocrate Frank-Walter Steinmeier, qui s'active sur le dossier ukrainien avec son homologue Laurent Fabius depuis son retour aux Affaires étrangères.
Longtemps, les rôles furent clairement définis dans le couple franco-allemand. «La France se trouvait dans le camp des vainqueurs et elle a tout naturellement assumé le rôle du leader politique, notamment en politique extérieure alors que l'Allemagne divisée, disqualifiée par son passé nazi assurait l'intendance», résumait le philosophe Heinz Wismann dans une interview à Libération. Avec la réunification, tout a changé même si Berlin a longtemps préféré miser sur la diplomatie économique et le multilatéral hésitant à assumer son leadership de fait.
Paris dispose certes d’un siège de membre permanent au Conseil de Sécurité et profite des feux de la rampe. Son autre relais d’influence est le français, co-langue officielle de l’ONU et de l’Union européenne. Mais la grande machine de la diplomatie allemande, aidée par les fondations liées aux partis, fait un travail en pro




