Paré d'un costume noir et d'une cravate rouge sang, Petro Porochenko a le triomphe modeste : «Ce n'est pas une victoire complète, et ce n'est pas encore le moment de tirer des feux d'artifice.» «Le nettoyage de Sloviansk de ces gangs de monstres armés a une grande force symbolique, car c'est la première percée contre ces groupes dans notre combat pour l'unité territoriale de l'Ukraine», reconnaît toutefois le président ukrainien.
En évacuant, presque sans résistance, leur bastion fortifié de Sloviansk, de même que les villes de Kramatorsk, Konstantynivka et autres, les insurgés séparatistes du Donbass se justifient en invoquant un «retrait tactique». Mais de fait, ils perdent le contrôle d'un nœud vital sur l'axe routier reliant la ville de Kharkiv à celle de Rostov-sur-le-Don, en Russie. Ils abandonnent de même leurs prétentions sur l'aéroport de Kramatorsk. Leur capacité de nuisance dans des régions voisines en devient quasiment nulle.
Frontière. Et Petro Porochenko se trouve conforté dans sa décision du lundi 30 juin, d'en finir avec un cessez-le-feu qui n'avait jamais été respecté. Le chef de l'Etat était soumis à une forte pression de son opinion publique. Au moins 27 soldats ukrainiens avaient perdu la vie dans une centaine d'attaques menées contre les positions loyalistes pendant les dix jours de trêve. La frontière n'était pas sécurisée, et l'approvisionnement des rebelles en armes et équipement n'avait




