La chasse aux sorcières est ouverte. Comme Vladimir Poutine en Russie, le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, s'attaque aux défenseurs des libertés publiques. Pas moins de 58 ONG ont été sommées de livrer tous leurs dossiers et les noms de leurs bénéficiaires au tout puissant Office de contrôle du gouvernement (Kehi). Les ONG russes des droits de l'homme étaient soupçonnées d'être des agents anglo-saxons. Leurs homologues hongroises - Transparency International Hongrie, des associations de soutien aux minorités, aux roms, aux LGBT… - seraient des espions venus… de Norvège. D'ailleurs, l'Office de contrôle gouvernemental l'évoque déjà alors que son enquête démarre à peine : «Le complot norvégien est dévoilé. Les pistes mènent aux libéraux de gauche - soutenus par les Vikings -, au parti écolo et au lobby homosexuel.»
Quoique non adhérente de l'Union européenne, la Norvège finance des projets dans 16 pays membres, via le Fonds norvégien pour la société civile. Le but est de soutenir la démocratie via des associations qui défendent les libertés civiques. Le Fonds verse l'argent à un consortium d'ONG géré par une fondation hongroise, Ökotárs. Cette dernière serait manipulée par le parti écologiste (petite formation d'opposition), prétend le gouvernement Orbán, qui souhaiterait récupérer le contrôle de cette manne (13,5 millions d'euros pour cinq ans). Si la directrice d'Ökotárs a travaillé un temps pour les Verts, elle n'occupe aucune fonction dans le parti. Mais le




