A Conakry, la capitale de la Guinée, où les orages se succèdent par vagues incessantes en cette saison des pluies, le virus Ebola fait paradoxalement de moins en moins peur, malgré les 339 victimes répertoriées dans cette ancienne colonie française. L'eau de Javel disposée dans les lieux publics pour se laver les mains se fait plus rare, même si un commerçant libanais déconseille en riant de boire le liquide contenu dans la bouteille de Martini posée sur son bureau. La petite fille qui vient de vomir dans le taxi collectif ne suscite plus la crainte, simplement la colère de sa mère et de son voisin, dont le majestueux boubou taillé pour la fête de fin de ramadan vient d'être taché. Les voleurs ingénieux qui débarquaient dans les bureaux de change en crachant du jus de bissap rouge pour faire place nette autour d'eux ne font plus recette. «Avant, c'était la psychose. Dès qu'on entendait "Ebola", les gens fuyaient, raconte Fodé Kouyaté, employé d'une ONG et blogueur en vue. Maintenant, les gens respectent de moins en moins les règles d'hygiène.»
De fait, la situation a semblé quelque peu s'améliorer en Guinée. Dans son bilan du 24 juillet, Médecins sans frontières annonçait ainsi sa décision de «réduire ses activités dans la capitale au vu de la diminution du nombre de nouveaux cas». Le centre de traitement installé à l'hôpital Donka ne comptait alors plus qu'un seul patient, en cours de rétablissement. A Télimélé, sur le contrefort du Fouta-Djalon, l




