Né à Moscou, diplômé de l'université d'Etat de Moscou, formé à la guerre en Tchétchénie et bien connu des cercles ultranationalistes : comme tous les principaux leaders du mouvement «séparatiste» de l'est de l'Ukraine, Alexandre Borodaï est russe, et ne le cache même plus. «Beaucoup de gens viennent de Russie pour aider, a-t-il expliqué au New York Times. Je suis l'un d'eux.» Intellectuel à la voix douce, assez sûr de ses formules pour se montrer généralement courtois, lui-même n'a d'ailleurs pas vraiment d'explication à sa propulsion à la tête du «gouvernement» séparatiste ukrainien. «Je suis venu comme volontaire… et maintenant je suis Premier ministre. Voilà, c'est le destin», a-t-il asséné à la BBC fin juillet.
A Moscou, ce «Premier ministre» était surtout connu jusqu'à présent comme journaliste, une profession qui sert encore souvent de couverture aux services secrets. Il a couvert la première guerre de Tchétchénie (1994-1996) pour l'agence RIA Novosti puis rejoint l'équipe de Zavtra, un magazine ultranationaliste et nostalgique du communisme. A Moscou, il s'est aussi fait connaître comme «consultant», en affaires et en politique, deux mondes étroitement mêlés. Avec son ami Igor Strelkov, aujourd'hui à ses côtés en Ukraine, il avait aussi replongé dans les guerres du Caucase en 1999, le temps d'une virée au Daguestan, tous deux se disant alors «correspondants de guerre».
En 2002 déjà, la presse russe voyait sous ces différentes




