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Témoignage

Irak : «Avant, on avait un dictateur, maintenant, on en a des milliers»

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Anis Hanna, prêtre franco-irakien, a fui Qaraqosh avec sa famille. Il décrit la situation depuis Erbil.

Des irakiens en exode au Kurdistan, dimanche 10 août 2014. (STRINGER Iraq. REUTERS)
Publié le 12/08/2014 à 18h44

Anis Hanna est un prêtre dominicain franco-irakien. Il partage son année entre Lyon et Qaraqosh, ville chrétienne d’Irak, où sa famille entière vit et où il officie. Le 6 août dernier, après avoir fêté la transfiguration, le père Hanna a un pressentiment : il faut partir. Ses parents, ses frères, sa sœur, leurs enfants quittent leur maison. Le lendemain, l’Etat islamique avait occupé toute la ville. Contacté par Libération, il témoigne depuis Ankawa, dans la banlieue d’Erbil, la capitale du Kurdistan irakien.

«Nous y réfléchissions depuis quelques jours, ma mère s'y opposait, trop attachée à notre maison et aux souvenirs. Ce matin-là, nous avons pris trois voitures, avec à peine de quoi nous vêtir et nous nourrir durant le trajet. Mes parents, Sara et Dominique, mon frère Adib, son épouse, ma sœur Angela et leurs huit enfants. Nous pensions sincèrement pouvoir revenir chez nous dès le week-end. Sur la route vers Erbil, nous avons eu trois checkpoint contrôlés par les peshmergas, les militaires kurdes. Très vite, j'ai aperçu des milliers et des milliers de voitures venant d'Irak. Il a fallu être patients, sous une chaleur de plomb. On compte seulement 65 km entre Qaraqosh et Erbil; nous avons mis plus de douze heures pour y parvenir. A Erbil, nous avons pu louer une maison, très chère. D'autres, arrivés plus tard ou dans la précipitation, vivent sous des tentes, dans des conditions très difficiles. J'ai vu des familles entières arriver en glissa

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