Ce mardi 8 juillet, soir du massacre de l'équipe brésilienne par l'Allemagne, il fallait être devant l'écran dans un café d'une petite ville brésilienne avec Dany Cohn-Bendit. Anéanti, coulé en direct, l'ex-député européen, l'ex-leader de 68, l'ex-apatride français, mais toujours fan de foot, et citoyen allemand. Parti dans un road-trip pour raconter le Mondial à travers le Brésil, il y a cru et l'a annoncé de sa voix tonitruante : «Ce sera une finale Brésil-Argentine.» Plus affirmatif encore qu'en Mai 68, quand il croyait à une révolution anarchiste. Plus optimiste qu'à Bruxelles, quand il se battait pour construire l'Europe. Amoureux du Brésil plus que de l'Allemagne de son passeport ou de la France de sa jeunesse ? Ça ressemble à une histoire d'amour, aveugle comme toutes les passions. Quand l'Allemagne bat le Brésil on lui envoie un texto : «Dany, sois content, tu vas être champion du monde !» et il pleure. Avec tous les cœurs brisés, il répète : «Je ne comprends pas, je n'ai pas compris.» Un instant de lucidité, «l'équipe d'Allemagne a été très calme, efficace», puis Dany l'envoûté raconte sa visite à un prêtre candomblé, sorte de culte vaudou, qui lui a prédit la défaite du Brésil et la victoire de l'Allemagne «parce qu'il n'y a plus de justice sociale». Cohn-Bendit n'y a pas cru, même quand le prêtre a lancé des cailloux sur la table, sept cailloux sont retombés, annonçant les sept buts fatals. Maintenant… il y croit, Dany,
Il fallait y être (3/7)
Au Mondial avec Dany
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(cabralgabriel / Flickr)
Publié le 18/08/2014 à 18h06
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