Menu
Libération
Reportage

La ville de Donetsk empêtrée dans une guerre d’usure

Réservé aux abonnés

Frappée par des bombardements sporadiques, la cité de l’est de l’Ukraine est toujours aux mains des prorusses.

Une femme de la banlieue de Makiivka, le 20 août. Depuis avril, 2 000 personnes ont été tuées en Ukraine. (Photo Max Vetrov. AFP)
ParHélène Despic-Popovic
Envoyée spéciale à Donetsk
Publié le 21/08/2014 à 19h46

«Ma maison a été touchée, je ne sais pas où aller, où demander de l'aide.» Cette habitante âgée d'un faubourg de Donetsk, qui s'adresse au soldat de garde devant l'immeuble de l'administration régionale, en centre-ville, en pleurerait presque de dégoût, de fatigue, d'impuissance. Mais le quadragénaire blond au ventre rebondi, archétype du planqué qu'on rencontre dans toutes les guerres, ne veut rien savoir : «On ne peut pas vous laisser passer comme ça, on nous bombarde, c'est la guerre.» La victime finira, de guerre lasse, par quitter l'immeuble, abandonné à quelques bureaucrates sans âme, ressources, ou solutions.

Grands mots. «Quand nous avons commencé notre lutte, nous n'avions aucune expérience de ce qu'est la construction d'un Etat, constate, amer, Denis Pouchiline, le premier chef du gouvernement de la république autoproclamée de Donetsk (DNR), revenu il y a trois jours de Russie comme chef des opérations humanitaires pour la région. Et nous devons acquérir cette expérience dans les circonstances actuelles, qui sont celles d'une catastrophe humanitaire, d'un génocide» , dit le leader séparatiste. Les grands mots sont lâchés. Ils correspondent peu, cependant, à la réalité sur le terrain. Les marchés et les magasins de produits de consommation courante sont ouverts et bien alimentés. Ce sont les consommateurs qui sont rares, car leurs poches sont vides. Selon une proche de Pouchiline, cha

Dans la même rubrique