Cette sinistre mise en scène fut le clou, dimanche, du contre-défilé organisé par les rebelles pour railler les cérémonies de commémoration de l'indépendance de l'Ukraine. Quelques dizaines de soldats ukrainiens ont été forcés de marcher au pas, têtes rasées et baissées, sous les huées et les quolibets d'une foule criant : «Fascistes», «assassins». Un remake de la «parade des vaincus» organisée à la fin de la Seconde Guerre mondiale par Staline à Moscou, où on avait exposé des dizaines de milliers d'Allemands à la vindicte populaire.
Visages. A Donetsk, dimanche, les prisonniers de la république autoproclamée de Donetsk (DNR) n'ont pas été battus, mais ont reçu quelques jets de bouteilles de plastique vides. Après leur passage, les rebelles ont lavé la route pour montrer combien ces soldats vaincus l'avaient souillée. Ces pratiques, contraires aux conventions de Genève sur les droits des prisonniers de guerre, ne montrent-elles pas combien les nouvelles autorités de la république autoproclamée de Donetsk et Lougansk sont indifférentes à l'opinion publique internationale ? «Si nous fêtions notre victoire, peut-être, mais pour l'instant, ce n'est pas le cas…», expliquait samedi à Libération le président du Parlement de la DNR, Boris Litvinov.
Alors qu'à Kiev, le président Porochenko a expliqué à la foule venue assister à la parade de l'indépendance que l'Ukraine devait s'armer et qu'il fallait parfois «préparer




