Le régime syrien cherche à réussir un formidable tour de passe-passe stratégique. Il y a tout juste un an, il se montrait terrorisé à l'idée que les Etats-Unis puissent frapper ses bastions et ses forces d'élite en représailles du massacre de 1 400 personnes à l'arme chimique dans la plaine de la Ghouta. Barack Obama n'ayant pas tenu ses promesses de punir tout franchissement de «ligne rouge», le pouvoir syrien a continué la stratégie mise en place depuis le début du soulèvement populaire en mars 2011 : aider discrètement les forces jihadistes, aujourd'hui celles de l'Etat islamique (EI), à dynamiter de l'intérieur la rébellion tout en se présentant comme victime de celles-ci.
«Coopération». Lundi, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, a sorti un nouvel atout dans ce jeu truqué. Connaissant les inquiétudes américaines sur la situation régionale, il a déclaré que son pays était prêt à coopérer avec Washington - et Londres - pour venir à bout de la menace islamiste. Prenant acte que Washington a déjà mené, depuis le 8 août, plus de 90 interventions aériennes dans le nord de l'Irak et qu'il envisage de les étendre à la Syrie, où l'EI affronte à la fois les autres formations rebelles, y compris islamistes, et les forces loyales à Bachar al-Assad, le ministre syrien a demandé que toute frappe américaine contre les jihadistes en Syrie soit coordonnée avec Damas. «Nous proposons une coopération et coordination




