Les témoignages s’accumulent. Depuis l’offensive de l’Etat islamique (EI) en Irak début juin, les minorités du pays sont terrorisées, voire massacrées. Amnesty international
[ publie ce mardi un rapport ]
(en anglais) qui décrit un
«véritable nettoyage ethnique»
et rapporte plusieurs témoignages de survivants de massacres. Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a annoncé lundi soir l’envoi d’une mission d'enquête. Donatella Rovera, spécialiste des crises et conflits à Amnesty, est en Irak depuis un mois, après un précédent séjour en juin. Elle témoigne depuis Erbil, la capitale du Kurdistan, où ont afflué de très nombreux déplacés.
Qui est d’abord visé par l’Etat islamique ?
L'Etat islamique persécute de manière systématique toutes les minorités. Ce fut d'abord les chiites turkmènes et les membres de la communauté shabak [un courant religieux issu du chiisme, ndlr], puis les chrétiens et les yézidis. Ces derniers ont été visés de manière particulièrement brutale. Dans le sud de Sinjar, des yézidis ont tenté de résister, d'empêcher les hommes de l'EI de rentrer dans les villages. En représailles, ils ont été massacrés. Les jihadistes ont manifestement voulu se venger ou faire un exemple.
Des survivants nous ont raconté qu’ils avaient été chargés dans des pick-up et emmenés à la sortie des villages. Les hommes et les jeunes garçons ont été alignés et fusillés par groupes de quarante, cinquante. Un jeune survivant, qui a réussi à fuir bien que blessé, a dit avoir perdu sept frères dans le massacre. Un autre s’est caché douze jours avan




