«Si je le veux, en deux semaines je prends Kiev.» Les propos (ou la boutade) du président russe, Vladimir Poutine, tels que rapportés par Manuel Barroso, ont au moins le mérite de donner à comprendre que la stratégie militaire russe vis-à-vis de l'Ukraine n'est pas fixée une fois pour toutes. Elle évolue sans cesse entre un programme maximum et un programme minimum en passant par toutes les variantes intermédiaires. L'essentiel étant de montrer à Kiev - petit frère condamné à le rester - que sa souveraineté est et restera limitée. La guerre est donc aussi politique que militaire.
«Bataille». Les dates choisies ne le sont jamais par hasard. Sur le plan militaire, les rebelles prorusses, appuyés par des forces venues de Russie, sont passés à l'offensive le 24 août, date de la célébration par Kiev du 23e anniversaire de son indépendance. Une indépendance qui est mal passée dans la tête des Russes (pour Poutine, l'éclatement de l'URSS est «la plus grande catastrophe géostratégique» du XXe siècle) et aussi dans la tête de nombreux habitants du bassin minier du Donbass, déracinés par l'industrialisation soviétique et mal désoviétisés. Ces forces ont avancé, désenclavé Lougansk en reprenant l'aéroport, desserré l'étau autour de Donetsk, pris Novoazovsk sur la mer d'Azov, et largement étendu la zone frontalière sur laquelle l'Ukraine n'a plus de contrôle.
Les objectifs immédiats de Moscou, selon le journal m




