Les dirigeants occidentaux ont longtemps rechigné à reconnaître la réalité de ce conflit. Aujourd'hui, l'évidence est là : «La Russie est en état de guerre contre l'Ukraine qui veut faire partie de l'Europe, ce qui signifie que Moscou est pratiquement en guerre contre l'Europe», a résumé la président lituanienne, Dalia Grybauskaité, évoquant les risques d'extension de la crise.
Le conflit a-t-il changé de nature ?
Depuis des mois, le Kremlin soutient le soulèvement des prorusses du Donbass en envoyant des armes lourdes - y compris des batteries de missiles sol-air comme ceux qui ont abattu l'avion de la Malaysian airlines - et des «volontaires», mais cela n'avait pas suffi à bloquer la reconquête par l'armée ukrainienne. Depuis la mi-août, l'engagement russe est devenu beaucoup plus massif. «Le déploiement de troupes régulières venues de Russie a changé la donne», souligne Konrad Muzyka, du cercle de réflexion britannique sur la défense Jane's. Les Américains comme les Européens se doivent d'adapter leur riposte à cette nouvelle réalité, alors même que les sanctions n'ont pas encore eu l'effet escompté (lire page 5). Kiev demande une «aide militaire massive» pour se défendre.Il y a des risques d'escalade mais ne rien faire serait encore pire. «Vladimir Poutine espère que le cauchemar d'une longue guerre et de l'anarchie fera peur à l'Occident, l'obligeant à accepter ses faits accomplis», expliqu




