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Vu d'Allemagne

L’Allemagne hérissée par les patrouilles salafistes de Wuppertal

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Publié le 08/09/2014 à 19h26, mis à jour le 11/09/2014 à 12h01

Les habitants de Wuppertal, une petite ville paisible de Rhénanie, ont fait ce week-end connaissance avec une brigade de contrôle des mœurs à la saoudienne. Une bande de barbus, vêtus d'une veste orange fluorescente estampillée «Charia Police», patrouille depuis quelques jours dans les rues du centre-ville, de préférence la nuit, pour apostropher les musulmans. Ils se postent devant discothèques et casinos, distribuant des tracts jaunes rappelant les principes de la charia - pas d'alcool, pas de tabac, pas de musique, pas de jeux d'argent - et incitent les femmes à se voiler. Leur objectif est l'instauration de «zones contrôlées par la charia» dans la petite cité ouest-allemande.

Ces patrouilles suscitent un vif débat en République fédérale. D'autant que leur apparition coïncide avec l'ouverture, lundi, du procès de quatre salafistes soupçonnés d'être les auteurs d'un attentat à la bombe - qui avait échoué - dans la gare de Bonn en décembre 2012. Les déclarations de Wolf-Tilman Baumert, procureur de Wuppertal, ont particulièrement choqué : «Le simple fait de recommander le respect de règles religieuses n'est pas interdit par la loi.» Le gouvernement fédéral ne l'entend pas ainsi. «Nous ne tolérerons pas une telle chose sur le sol allemand. Personne n'a le droit de bafouer la réputation de la police allemande», assure le ministre de l'Intérieur, Thomas de Maizière, dans les colonnes du Bild Zeitung. Les habitants de Rhénanie-du-Nord

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