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Reportage

A Marioupol, les réfugiés rattrapés par la guerre

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Les habitants du Donbass qui avaient trouvé refuge dans ce grand port industriel hésitent à fuir plus loin encore.

Devant un centre de la Croix-Rouge à Marioupol, le 8 septembre. (Photo Philippe Desmazes. AFP)
ParHélène Despic-Popovic
envoyée séciale à Marioupol
Publié le 10/09/2014 à 10h55

Ils avaient fui la guerre et la guerre les a rattrapés. Alors que faire: aller plus loin, ou, quitte à subir les effets du conflit, rentrer chez soi. Le choix (si c’en est un) se présente à tous les déplacés qui depuis le mois de mai ont gagné le grand port industriel de Maroupol, sur la mer d’Azov. Ils ont vu avec terreur le port devenir l’enjeu des combats entre loyalistes qui le tiennent et rebelles prorusses qui veulent le prendre. Depuis la signature vendredi dernier du cessez-le-feu, ils prient qu’il tienne pour enfin retourner à la maison.

Dans ce quartier de la Rive (Primorskoïé), à Marioupol, Irina, Tania, Alla et les autres, toutes originaires de Donetsk, Lougansk et des petites villes du bassin minier du Donbass, ont été accueillies avec leurs familles dans un immeuble de bureau désaffecté transformé à la hâte en foyer d’accueil. L’immeuble est situé à dix minutes de la plage et les familles font comme si elles étaient en vacances au bord de la mer. Les enfants jouent, les grands-mères tricotent sur un banc, les hommes – la catégorie la moins nombreuse — palabrent. Irina, 27 ans, a été désignée comme responsable des stocks. C’est elle qui donne les médicaments et conserve les clés des dépôts de vêtements, de nourriture et de produits ménagers.

Le centre de la rue Krasnomaïarskaïa, qui peut abriter jusqu'à 200 personnes, ne manque de rien. Entreprises de la région, ONG et particuliers n'économisent pas leur soutien. «Rien n'est rationné. Le matin, on mange des cé

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