«Statut spécial» : le syntagme figure en toutes lettres dans l'accord de cessez-le-feu entre l'Ukraine et les rebelles de l'Est signé à Minsk sous les auspices de l'OSCE, mais c'est la première fois, mercredi, que le président ukrainien, Petro Porochenko, l'a utilisé pour annoncer qu'une loi en ce sens serait présentée dès la semaine prochaine devant le Parlement de Kiev. Ce n'est pas une surprise. Le point 3 de l'accord de Minsk prévoit l'adoption d'une loi sur «des arrangements de gouvernement provisoire dans certaines zones des régions de Donetsk et Lougansk (loi sur le statut spécial)».
Diable. Le président ukrainien donne le coup d'envoi d'un processus politique. S'il n'a rien détaillé, il a souligné qu'en concluant cet accord, «l'Ukraine n'a fait aucune concession sur son intégrité territoriale et son système politique. Nous restons un Etat unitaire». Le texte n'évoque pas la «fédéralisation» chère au ch ef de l'Etat russe, Vladimir Poutine, mais parle de décentralisation, un concept qui apparaissait déjà dans le plan de paix proposé par Porochenko en juin.
Le diable étant dans les détails, le texte de l'accord parle de «certaines zones» des régions de Donetsk et Lougansk et non de la totalité de ces régions. Même si Petro Porochenko n'a donné aucune précision sur la loi qu'il présentera la semaine prochaine, il est déjà clair qu'elle n'ira pas au-delà. Comme il est déjà évident que les rebelles prorusses




