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Libération
Témoignage

«Ils m’ont prise par les cheveux, et l’enfer a commencé»

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Irina Dovgan, une esthéticienne ukrainienne de 52 ans, raconte comment elle a été torturée par des séparatistes prorusses à Donetsk.

Irina Dovgan, le 5 septembre, à Kiev. (Photo Genya Savilov. AFP)
ParHélène Despic-Popovic
Envoyée spéciale à Kiev
Publié le 12/09/2014 à 20h14

«Madame, vous êtes devenue la nouvelle star d'Internet.» C'est en entendant ces mots qu'Irina Dovgan, une esthéticienne pro-Ukraine, torturée puis presque lynchée sur la place publique à Donetsk, a compris qu'elle allait survivre, que l'image prise la veille par ce photographe barbu «à l'air intelligent», alors qu'elle était livrée à la vindicte de gens qui étaient convaincus «sans avoir besoin de preuves» qu'elle était une criminelle, lui avait sauvé la mise. Le soir même, ses geôliers lui apportaient de la nourriture pour la première fois depuis quatre jours. Le lendemain, elle était libérée, et le surlendemain, elle regagnait Marioupol où elle retrouvait sa famille, avant de partir pour Kiev, la capitale ukrainienne, où elle et son mari ne sont plus que deux chômeurs déplacés de plus.

C'est à Kiev, où elle a été accueillie gratuitement par un couple de petits entrepreneurs, dans une maison avec jardin située dans une banlieue plutôt cossue, qu'Irina, une blonde élancée de 52 ans, fragile dans ses vêtements noirs, raconte comment elle a cru mourir et comment elle a été sauvée par des journalistes étrangers. Irina est une personne simple, typique de cette classe moyenne qui à l'Est ne soutient pas les rebelles de la DNR, la république autoproclamée de Donetsk, mais le pouvoir central de Kiev. Elle prodigue des soins esthétiques à des clients privés dans un petit appartement que lui a légué sa mère dans sa ville natale de Iassinouvata. Son mari est

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