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Insouciance et ras-le-bol en Guinée

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Fortement touché en août, le pays tente de mobiliser une population davantage préoccupée par les coupures électriques que par la progression du virus.

A Conakry, le 20 août. Le 7 septembre, l'OMS recensait 861 cas d'Ebola en Guinée et 557 décès, ce qui en fait le troisième pays le plus touché par le virus. (Photo Timothy Le Rose. Reuters)
ParFabien Offner
Correspondance en Guinée
Publié le 12/09/2014 à 19h06

A l’entrée du siège de la Radio télévision guinéenne (RTG) perché sur une verdoyante colline de la capitale, on prend ses précautions : un bidon d’eau chlorée pour Ebola et un blindé de l’armée pour les menaces habituelles. Comme la couleur kaki des militaires, les robinets et les bassines font désormais partie du décor de Conakry. Du moins celui des hôpitaux, banques, supermarchés et services fréquentés par les habitants les plus aisés. A l’hôpital Donka, le centre de Médecins sans Frontières (MSF) est plein. Mais la population est moins préoccupée par les pores de la peau du voisin que par le manque chronique d’électricité, ici plus sorcière que fée. Après cinquante ans de dictature, la Guinée est l’un des rares pays épargné par la guerre à présenter des indicateurs sociaux aussi bas.

Malgré cette insouciance, le mois d'août a été le plus meurtrier dans le pays depuis le début de l'épidémie : 237 cas, plus du double du pic précédent, principalement dans la région limitrophe du Liberia et de la Sierra Leone. A Conakry, de grands panneaux récemment installés au bord des routes érodées par la pluie font bien de rappeler qu'«Ebola est toujours en Guinée. Restons vigilants !» et d'indiquer un numéro vert. «Nous sommes en guerre contre Ebola, tous les Guinéens doivent se mobiliser», a demandé, en début de semaine, le président Alpha Condé en présence de son ami Bernard Kouchner, dont la clinique à son nom a été inaugurée en mars en centre-ville.

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