La soirée a lieu dans un vieux cinéma du centre de Växjö, dans le sud-est de la Suède. Fauteuils rembourrés, lumière tamisée. En cette fin d’après-midi d’été, une trentaine de personnes sont venues assister à la «homeparty» organisée par des militantes locales du parti Feministiskt Initiativ (Initiative féministe, FI). Sur la scène décorée de ballons roses, Katerin Mendez, candidate aux élections législatives de ce dimanche, fait les cent pas. Elle préfère les cadres plus intimes. Mais, depuis quelques mois, l’engouement est tel pour ces cours du soir féministes que les salles à manger ne suffisent plus à accueillir tout le monde.
La Suède, lance-t-elle, n'est pas un pays égalitaire. «Ce n'est pas une opinion, c'est un fait.» Et de citer : les Suédoises qui gagnent en moyenne «86% du salaire des hommes, soit une perte de 3,6 millions de couronnes [392 000 euros] sur leur vie professionnelle» ; les conseils d'administration des sociétés cotées en Bourse «où il y a plus d'hommes que de femmes» ; les hommes qui ne prennent «que 25% des congés parentaux». Et la violence contre les femmes, qui «fait toujours 17 victimes par an, alors que nous n'avons pas connu de guerre depuis deux cents ans».
A 39 ans, cette mère de deux ados, née à Cuba, n'a jamais fait de politique. Mais, il y a deux ans, son médecin l'a mise en congé maladie. Conseillère familiale dans un service de psychiatrie de l'enfance et de l'adolescence à Malmö, dans le sud du




